Source : Togo Presse N° 12377 du 18 Septembre 2026 (Propos recueillis par Zeus POUH-PEKA)
Un atelier de formation des responsables des ministères cibles sur la gestion inclusive et les aménagements raisonnables, ainsi que la diffusion des résultats de l’enquête réalisée auprès des fonctionnaires handicapés, s’est tenu à Lomé. Porté par l’Organisation Nationale pour l’Accessibilité, le Travail et l’Emploi des Personnes Handicapées au Togo (ONATEPH-TOGO), cet atelier a permis de renforcer les capacités des points focaux sur la compréhension du handicap dans son approche holistique.
En dépit des multiples actions et efforts que consentent le gouvernement et ses partenaires pour une fonction publique inclusive, le personnel handicapé recruté continue de faire face à des obstacles significatifs liés à l’accessibilité, aux équipements inadaptés, au manque d’aménagements raisonnables, aux stigmatisations et discriminations de toutes formes.
Dans la perspective de garantir l’égalité des chances et les droits fondamentaux de tous au regard des conventions internationales et des instruments juridiques nationaux, en lien avec les attentes des ayants droit, l’ONATEPH-Togo a organisé un atelier de formation au bénéfice des responsables des ministères cibles sur la gestion inclusive et les aménagements raisonnables, ainsi que la diffusion des résultats de l’enquête réalisée auprès des fonctionnaires handicapés.
L’objectif général est de renforcer les capacités stratégiques, techniques et institutionnelles des responsables des ministères cibles afin de favoriser l’inclusion effective des fonctionnaires handicapés récemment recrutés, par une meilleure compréhension du handicap, l’identification des obstacles, la mise en place d’aménagements raisonnables et l’élaboration de réponses concertées au sein de l’administration publique togolaise.
Les notions liées au handicap, à l’accessibilité universelle et à la non-discrimination clarifiées
Le but de cet atelier est de réaliser un plaidoyer stratégique auprès des instances ministérielles pour améliorer considérablement l’environnement de travail et l’expérience professionnelle du personnel handicapé au sein du service public, répondant ainsi aux exigences des Objectifs de Développement Durable (ODD).
Plus exactement, la rencontre a permis de :
- Clarifier les notions clés liées au handicap, à l’accessibilité universelle, à la non-discrimination, aux aménagements raisonnables et à la gestion inclusive dans le contexte de la fonction publique togolaise.
- Analyser les principaux obstacles rencontrés par les fonctionnaires handicapés dans les ministères ciblés.
- Identifier les aménagements raisonnables prioritaires et les leviers institutionnels nécessaires pour améliorer leur environnement de travail.
- Renforcer l’engagement des responsables ministériels en faveur d’une gouvernance inclusive, notamment à travers l’examen du projet de création d’une cellule interministérielle dédiée à l’inclusion et la définition de pistes d’action pragmatiques permettant à chaque ministère de mieux accompagner les fonctionnaires handicapés.
Selon le Directeur Général bénévole de l’ONATEPH-Togo, M. Gaëtan Ahoomey-Zunu, et la Vice-Présidente, Mme Apoka Madjé Zékpa, cet atelier s’inscrit pleinement dans la politique sociale du gouvernement togolais ainsi que dans la vision de ses partenaires techniques et financiers. Pour eux, il constitue la deuxième étape d’une démarche visant à inverser les pratiques nocives, à quitter l’approche centrée sur la déficience de la personne, et à mettre à disposition des outils qui répondent réellement aux besoins de ces personnes pour leur pleine participation au développement du pays.
« L’inclusion, bien plus qu’une question sociale, est un enjeu de gouvernance »

Le Directeur des Personnes Handicapées au Ministère des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, M. Wasiyou Karimu, a souligné que l’inclusion des personnes handicapées dans la fonction publique constitue un enjeu de gouvernance, de gestion des ressources humaines, d’égalité des chances, de respect des droits et d’efficacité de l’administration publique.
« L’inclusion professionnelle ne se limite pas au recrutement d’une personne handicapée dans l’administration. Le recrutement constitue certes une étape essentielle, mais l’inclusion véritable suppose que l’agent puisse effectivement exercer ses fonctions dans des conditions équitables. L’aménagement raisonnable ne constitue ni un privilège, ni un traitement de faveur accordé au fonctionnaire handicapé. Il s’agit de mettre en place, lorsque cela est nécessaire, des adaptations appropriées permettant à la personne concernée d’exercer son emploi dans des conditions d’égalité avec les autres agents, sans imposer une charge disproportionnée à l’administration », a précisé M. Karimu.
Note : Cette activité a reçu l’appui financier et technique de la coopération allemande (ProEmploi+ de la GIZ-Togo).